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Le site est chargé, il faut lui laisser le temps de tout afficher. Si ça ne marche toujours pas, laisse moi un commentaire, autrement je n'ai aucun moyen de le savoir ! Merci...


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dimanche 14 février 2010

Quoi ? Du fish & chips en Irlande ?

--rien d'actualité pendant un petit moment lecteur, là je liquide mes vieux articles pas encore publiés--

Guten Morgen lecteur ! (oui, tu vois, on sait aussi parler l'allemand ici)

Aujourd'hui on va parler de fish et de chip. Oui, lecteur, avoues, toi aussi tu penses qu'en Irlande on mange le fish et la chip.
Et bien pas. Du. Tout.

Lire la suite...Le fish & chips, on laisse cette invention douteuse aux Anglais (jetez moi des pierres, j'attends).

Non pas qu'il y ait un embargo volontaire contre les produits britanniques douteux en Irlande, vu que la Jelly a réussi une percée fulgurante dans les corner desserts des supermarchés. Et la Jelly, tu le sais, une fois qu'elle est installée quelque part, elle reste bien en place. Ahem.





Donc non, pas d'embargo. Mais par contre pas de fish ni de chip, cette équipe de choc ne passera pas par l'Irlande.
Dois-je te rappeler qu'ici c'est le pays du saumon ? Un peu de noblesse s'il-te-plaît.

Non mais c'est vrai quoi, regarde :





Match saumon vs. fish & chips : verdict ?

Alors ?

Oui la comparaison te laisse sans voix, je sais.

Bon.
 
Maintenant tu sauras que le fish et la chip, c'est pas en Irlande qu'il faut aller pour les trouver.
Si toutefois en Irlande tu te trouves, et que tu as - et c'est à peine croyable - une envie frénétique de fish&chips qui monte depuis l'estomac, je te donne l'adresse la plus appropriée :
Beshoffs, sur Mespil Road. Le fish et les chips pour 9,50€.
(Sinon ils sont aussi à Howth, rappelle toi.)

Quoi ? Non, je n'y suis jamais allée.
Mais mon propriétaire m'en dit tellement d'éloges de celui là; à chaque fois qu'il appelle j'y ai droit; alors je te donne l'adresse et qu'on n'en parle plus de cette histoire !
Tu viendras me dire si c'est bon, que je relaye l'info au proprio.

Et surtout, n'oublie pas de rajouter le vinaigre translucide dessus, c'est tellement...inhabituel...(tu as vu comment je ne te dis pas que ce n'est pas bon ?)

De rien, lecteur, de rien!

PS - Sinon il y en a un que j'ai testé et qui est de renommée nationale voir plus : Burdocks, Werburgh Street, près de Christ Church.

jeudi 19 mars 2009

L'Irlande de l'écologie et du développement durable

Salut vous !

Oui, je sais, mea culpa, mea maxima culpa, je tease le lecteur avec la liste des articles à venir et je ne les publie même pas.

C'est qu'on est occupés ici, de part et d'autre, des projets qui bourgeonnent (à défaut des plantes), une to-do-list qui n'avance pas, et du travail sur lequel on préfère passer plus de temps qu'habituellement, parce que la crise, moi, ça me donne juste envie de me surpasser pour m'assurer de garder ma place.
Donc plus d'initiatives de prises, donc plus de masse de travail pour le même nombre d'heures, donc plus d'organisation à avoir, plus, plus, plus...toujours plus !
Je pense que l'ami Sarko avait mal compris l'algorithme, parce qu'ici on va travailler plus, pour gagner moins...d'après ce qu'il se laisse dire du prochain budget à venir....

Oups - ne vient-on pas d'endormir le seul lecteur qui avait daigné se déplacer pour lire mon article ?
Ah non lecteur, fais un effort ! On va traiter d'un sujet passionnant aujourd'hui ! Un sujet positif ! Un sujet anti-crise :

Lire la suite...

L'Irlande et les efforts qui y sont faits pour mettre la préservation de l'environnement sur la liste des priorités du pays.

Pour commencer, je voudrais juste te rappeler lecteur, que le gouvernement actuel est composé de deux membres du parti des Verts :

  • Eamonn Ryan, Minister for Communications, Energy and Natural Resources
  • John Gormley, Minister for the Environment, Heritage and Local Government

Je ne sais pas ce que tu en penses, toi, mais moi ça me ravit.
Un peu d'air frais dans un gouvernement de vieux mammouths, ça ne peut que faire du bien. Enfin, pour moi en tout cas leur présence est la cause première de l'engouement irlandais pour ce que l'on appelle la "sustainability". Ce mot est PARTOUT.
Il faut que tout soit sustainable.  
Sustainable, est le nouveau LOL.
On ne dira plus "C'est excellent !", plein d'admiration devant de la nouveauté; mais on dira "C'est sustainable !"
Et green is the new black.

......!

En Irlande, on a bien compris, comme Obama d'ailleurs, que pour se sortir de la crise, le coup de la Sustainability peut nous aider. Alors le gouvernement passe la cinquième. Il faut dire qu'on est un peu en retard ici : alors qu'en France le citoyen qui a installé des panneaux solaires sur son toit peut revendre de l'énergie à l'ami EDF, l'irlandais qui a fait de même n'a pas encore tout à fait cette possibilité (mais presque !). Et ne ris pas quand je te parle de panneaux solaires ! Je sais bien que le climat Côte d'Azur n'est pas disponible en Irlande. Mais quand même. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a jamais de soleil.

Bref. Dire qu'il y a BEAUCOUP de choses de faites serait un euphémisme. Je dirais presque qu'il y en a trop ! On ne s'en sort plus avec toutes les mesures, subventions, et sites web. J'ai essayé de faire le tri - pas simple. Arme-toi de patience, j'espère que le voyage sera intéressant pour toi.


TRANSPORT
  • Pour en revenir au gouvernement, rappelle toi je te l'expliquais il y a quelques mois,  il mettait en place à partir du 1er janvier une loi qui permet aux entreprises d'acheter un vélo "de fonction" ainsi que le matériel de sûreté pour un employé. Ce dernier peut s'il le souhaite le racheter et ne paye pas les taxes afférentes. L'employeur peut demander le remboursement du coût en tant que "tax-exempt benefit-in-kind", et l'employé, s'il l'achète, ne paie ni taxe, ni PRSI ou autre sur la somme en question.

    C'est simple, c'est efficace, et surtout, c'est bon pour l'environnement et pour ta graisse !
    Tu trouveras tous les détails sur ce petit site que je trouve d'ailleurs très bien fait : http://www.bikescheme.ie/
    Si tu ne vois pas en quoi pédaler le cheveu au vent peut t'être bénéfique, lis ça.
  • Pour rester dans le registre du cyclisme, l'annonce fait grand bruit depuis déjà quelque temps, mais on va enfin voir des Vélib' à Dublin ! Ils seront opérationnels cet été. Il y en aura à 40 endroits différents. Quelques détails dans cet article. D'ailleurs, pour trouver la piste cyclable la plus proche de chez toi, clique ici. Pratique, non ?
  • Pour finir sur ce sujet, on attend avec impatience la National Cycle Policy qui doit sortir le 25 mars et entre autre rappeler les règles de sécurité de base que beaucoup ont oublié. Quelques détails ici. 
  • Ensuite, je te rappelle juste la mesure prise en Irlande contre les véhicules gros pollueurs en juillet dernier. Si tu as une voiture qui date d'avant le 1er juillet 2008, rien ne change pour toi. Par contre, si tu possèdes une voiture neuve, immatriculée après le 1er juillet 2008, tu paieras ta Motor Tax, obligatoire pour les particuliers, non plus en fonction de la taille du moteur, mais de la pollution que tu engendres. Tu peux voir ce que ça donne ici pour les prix. Si tu ne sais pas combien tu pollues avec ta nouvelle voiture, clique ici sur le site de Sustainable Energy Ireland (c'est un très bon site, je te conseille d'y surfer un peu, tu apprendras plein de choses). Si tu ne comprends rien à mon histoire de Motor Tax, tu cliques ici, c'est la source officielle. 


IMMOBILIER (PARTICULIERS ET ENTREPRISES)
  • Ensuite, tu dois sans doute le savoir, que tu sois propriétaire ou locataire, c'est la loi depuis le 1er janvier de faire faire un BER (Building Energy Rating) pour ton logement. Le BER est un certificat obligatoire, comme ceux qu'on trouve sur les équipements électriques ou sur les ampoules par exemple. Je te rassure, tu n'as rien à faire d'autre que d'ouvrir la porte aux agents chargés de faire ce travail. Ils t'indiqueront dans quelle catégorie se trouve ton logement, entre A et G, G étant le moins efficace au niveau de l'économie d'énergie. Tout ce qu'il faut savoir sur le BER, c'est ici.
 
©Energy Solutions
  • Et puis, pour encourager le citoyen à faire de sa maison une maison plus "verte" et les entreprises à faire de même, on a sorti tout un tas de mesures et de subventions qui permettent de faciliter l'achat d'installations qui polluent moins, et qui sont plus efficaces au niveau de la consommation d'énergie. On a même mis en place des subventions pour les entreprises qui désirent investir dans la R&D verte. Je ne vais pas tout te raconter, donc si ça t'intéresse, c'est ici qu'il faut cliquer.
  • Mais on ne s'arrête pas là, bien au contraire ! Que fait le gouvernement pour appâter les entreprises ? Il met en place le ACA, système très aguicheur de "Si tu achètes de l'équipement vert pour ton entreprise, tu peux passer cet achat en charges à 100% dans ton bilan de l'année comptable". [Que les comptables dans l'assistance me corrigent si ce n'est pas la traduction correcte de "write off 100% of the purchase value"]. Concrètement ça veut dire quoi ? Que l'entreprise paie zéro taxe dessus. Et ça, c'est BIEN. Sur tout autre équipement, elle paiera des taxes, actuellement à 12,5%.
RECYCLAGE & ENERGIE
  • Le savais-tu, le savais-tu lecteur, qu'on pouvait rendre là ou on les avait achetées, les piles/batteries usagées, sans que cela ne nous coûte un sou ? Mais si, je t'assure ! Depuis septembre 2008, regarde. Les magasins ont dans l'obligation de les reprendre (uniquement le type de piles/batteries qu'ils vendent) - alors plus d'excuse !
  • Et puis toujours et encore, le bon vieux Reduce, Reuse, Recycle, mais appliqué aux businesses cette fois, chez envirocentre.ie . C'est plein de ressources pour aider les entreprises sur le chemin de la fameuse Sustainability. 
  • Et puis, loin d'être une nouvelle peu significative, le projet pilote Smart Metering a fait son entrée fin de l'année dernière. Qu'est ce donc que cette bête là ? Simple et efficace, c'est un nouveau système qui fonctionne ainsi : un cadran situé chez le particulier enregistre la consommation typique du logement durant la journée et la nuit. Cette information est envoyée au fournisseur d'électricité qui sait ainsi quand l'énergie doit être disponible. Pour le moment ce projet est un pilote, mais quelques foyers ont eu la chance de le tester. Il sera disponible dans quelque temps. A travers ce cadran, tu pourras avoir toi aussi accès à ces informations chez toi (j'en ai vu un, on voit nettement la consommation de chaque pièce) et demander par écran que l'électricité n'arrive pas jusqu'à telle ou telle prise pendant la journée, pour éviter des factures inutiles. On pourra aussi, plus tard, fournir de l'électricité au fournisseur à travers ce même cadran. Si tu veux en savoir plus, je te conseille de lire cet article.


SENSIBILISATION

Tu dois bien t'en rendre compte en regardant la télé et en écoutant la radio, on nous assaille de messages publicitaires pour amorcer le changement.
En Irlande, nul ne peut prétendre ignorer que le recyclage doit être fait autant que faire se peut, qu'il faut prendre le bus plutôt que la voiture, qu'il faut penser aux générations futures, et surtout, surtout, qu'il faut que les choses CHANGENT.

Pour qu'on n'oublie pas le message, il y a plusieurs campagnes nationales qui, je trouve, valent le coup, regarde :

  • Change.ie : tu veux savoir ce qu'on a concocté en Irlande pour se battre contre le réchauffement climatique d'ici à 2012 ? C'est sur ce site que tu trouveras la réponse. On t'y explique notamment ce qu'est le réchauffement climatique, quels sont les objectifs fixés par le sommet de Kyoto, et ce qu'on prévoit de faire (dans les grandes lignes). Ce site est un site informatif avant tout.
  • One small step.ie : site qui a pour but de montrer qu'en faisant tous un seul petit pas en avant vers la sustainability, en changeant notre mode de transport, c'est toute une économie qui est en marche. Pour ce faire on reste pratique avant tout : on t'aide à calculer combien tu peux gagner en changeant de mode de transport, quelles sont tes options. La carte des pistes cyclables de Dublin dont je te parlais plus haut y est aussi disponible. D'ailleurs, puisqu'on en parle, si le programme de transformation des modes de transport à Dublin t'intéresse, clique sur Transport21.
  • Power of one. ie : tout ce que le citoyen lambda doit savoir pour faire des économies d'énergie, c'est sur ce site ! Sur la page principale, tu trouveras d'ailleurs de quoi calculer les économies que tu peux faire en changeant juste quelques petites choses...
Sinon, tu aimeras aussi l'initiative du EPA (Environmental Protection Agency), qui a organisé une série de conférences sur tous ces thèmes, pour que le public se sente un peu plus concerné. Ces conférences sont maintenant disponibles sur leur site. 

Enfin, si après avoir lu tout ça, tu as eu furieusement envie de participer, tu trouveras peut-être de quoi faire chez GAP (Global Action Plan). On y parle sustainability, mais aussi Fair Trade et autres.

Et puis, on se verra peut-être au Energy Show 2009, lecteur ?

Enfin, si tu es perdu avec tous ces liens et que tu ne sais pas à qui t'adresser, ce lexique peut sans doute t'aider.
Good luck, la route est longue mais en vaut la peine !

PS - je suis certaine d'avoir oublié des liens (si, si, c'est possible !), je t'invite donc vivement à me rappeler ceux que j'ai oubliés !

mardi 9 septembre 2008

Lecteur, je t'interpelle !

Salut lecteur,

Ce soir je fais appel à toi, oui toi, lecteur, et plus particulièrement toi, au fond, lecteur habitant Dublin.
Tu te rappelles que j'ai créée une liste d'évènements à venir à Dublin. Et dans cette liste il y avait la City Chase.

La City Chase, c'est quoi ?
Pour reprendre le site lui même, une course urbaine d'orientation par équipe composées de 2 personnes : mixte ou non.
Le principe est simple : valider un nombre minimum d'épreuves dissimulées dans la ville.
Les épreuves mélangent sport, rapidité, adresse, esprit, force, réflexion, déduction, équilibre...

Quelques exemples des épreuves de Paris l'année dernière :
- Compter les marches de la tour Eiffel,
- Slalomer en Skate au Trocadéro,
- Réaliser un portrait d'un modèle nu dans une école d'art,
- Participer une course de garçons de café,
- Répondre à un questionnaire historique sur la ville de Paris,
- Faire du kayak sur la Seine.

Cette année, ça se passe aussi à Dublin, et c'est CE SAMEDI.
Le coup d'envoi sera donné à 10 heures, et le tout dure entre 3 et 6 heures.

Le petit hic, c'est que ce n'est pas gratuit. C'est même assez cher : 45 euros par personne, booking fees included, donc 90€ par équipe.

Mais quand on pense que cet évènenement arrive UNE fois dans l'année; que ça a l'air d'être, pour une fois, bien organisé; qu'il y a moyen de s'amuser tout en découvrant des tas de choses sur la ville...je dis que ça vaut largement deux soirées ciné-à-Cineworld-et-pizza-à-la-Cucina (eh oui, finalement, quand on compare au prix des autres sorties, ça devient nettement moins cher d'un coup non ?).

Ahhh, lecteur, je te sens sceptique...

Il est vrai que moi même, les chasses aux trésors et autres, il faut qu'elles m'apportent quelque chose et qu'il y ait du challenge, sinon je m'ennuie vite. Mais note que comme on n'est pas natifs de la ville, on apprend de toute façon une bonne poignée de choses au passage.

J'en suis d'autant plus convaincue, que cette année, lors du Haendel Festival en avril, j'avais participé à une chasse aux trésors un peu particulière : la Haendel Hunt.

Pendant plus de deux heures, nous étions partis à la découverte d'éléments historiques parsemés dans Temple Bar...des choses que, depuis le temps que j'habite ici, je n'avais jamais vues ou jamais pris le temps de voir, et qui expliquaient l'histoire de Dublin bien mieux que n'importe quel livre d'histoire.
En deux heures, nous avions découvert, nous avions appris, nous nous étions émerveillés : nous étions plus riches de culture irlandaise. C'était d'ailleurs tellement bien que j'ai fini par traduire questions et réponses de la chasse aux trésors, et que j'en ai fait profiter mes amis qui venaient découvrir Dublin peu de temps après. Eux aussi, avaient beaucoup aimé.

La City Chase risque d'être basée un peu plus sur les activités sportives, mais je pense qu'il y aura un bon ratio sport/intellect tout de même.

Et j'y gagne quoi, moi, à part de la pâte culture à tartiner, tu demandes ?

Comment ça, lecteur, tu ne participes pas juste sur la base "l'essentiel, c'est de participer" ? Je suis déçue.
Mais je te rassure, on a pensé à toi. Les premiers arrivés remportent une place pour participer à la City Chase mondiale, qui se fera à Marrakech en novembre.
Si tu as trop traîné, et que tu arrives dans les 4 suivants, il y aura divers gadgets électroniques à remporter, etc. 
Et puis après, RIEN : tu n'avais qu'à réfléchir plus vite.

Voilà lecteur, tu sais tout.

Maintenant, comme mon équipe est déjà constituée (Go, team Zoon, go!), je lance un appel :

1. Aux (éventuels) participants
  • La City Chase t'intéresse ? Tu veux participer à cet évènement unique (eh oui, l'année prochaine ce sera sans doute à London, comme l'année passée), tu me fais signe, qu'on essaie de se regrouper avant le départ. Plus on est de fous, plus on rit ! Tu feras sans aucun doute des choses que tu ne feras jamais autrement à Dublin !
  • Si tu ne sais pas avec qui créer ton équipe, tu me fais signe aussi, peut-être que j'ai des candidats potentiels à te proposer ou qu'entre temps d'autres personnes seules se seront manifestées !
  • Tu connais quelqu'un qui va participer à la City Chase ou que ça intéresserait ? Tu lui envoies le lien vers mon article ! Je te rappelle que tu n'es pas obligé de résider à Dublin pour participer à la City Chase - tu peux venir de Tombouctou !
Mais surtout, note que le dernier jour pour s'inscrire sur internet est vendredi, je te conseille donc de faire vite ! Sinon, tu peux encore t'inscrire sur place, à Smithfield Plaza, samedi matin entre 8h30 et 10h.

2. Aux volontaires pour aider l'équipe Zoon

Comme pour Qui veut gagner des millions, les équipes ont droit à l'option Appel à un ami.
Qui se porte volontaire pour faire partie de notre liste Appel à un ami ?!
Il nous faut des gens qui connaissent la ville et l'histoire de Dublin, ou si ce n'est pas le cas, des personnes ayant accès à internet samedi et qui peuvent chercher pour nous aider ! Toute aide est acceptée, tu n'es même pas obligé d'être en Irlande ! Manifestez vous, on a besoin de vous !


GO, TEAM ZOON, GO !

vendredi 18 juillet 2008

Entre les avions...



Salut lecteur, le temps doit être utilisé à bon escient, donc je blogue depuis l'aeroport-eh oui. Bref, je n'ai pas souvent été là ces derniers temps. J'ai passé mon temps à l'aéroport vois-tu. Je reviens bientôt, en attendant comme devoir de vacances tu tenteras de deviner ou a été prise cette photo...
Réponse:  
C'est le Motor Tax Office. Là bas, tu vas payer ta taxe auto si tu ne veux pas le faire par internet, mais tu va aussi récupérer tes papiers - comme moi, en ce joyeux jour de juillet ou j'ai fait dans la joie et la bonne humeur, la demande de mon permis de conduire définitif, obtenu le jour précédent. 
Note ceci lecteur - l'efficacité irlandaise :
Demande de permis définitif déposé à midi le jeudi. Attente - 30 minutes (tu prends ton numéro et tu attends, il y a du monde mais ça va vite).
Permis reçu le lundi qui suit, soit 2 jours et demi plus tard, par la poste (même pas par recommandé, non, courrier normal). 

Je crois qu'en France, on a de quoi apprendre au niveau de l'efficacité administrative. Non ?


PS - Ca y est, j'ai répondu à tous vos commentaires, désolée pour le retard !

samedi 21 juin 2008

C'est pas bientot fini Kinsale ?

Lecteur,

Loin de moi l'idée de te dégoûter à vie de cette charmante bourgade qu'est Kinsale, mais il faut bien en finir. Et précisément, on termine notre saga aujourd'hui.

Bon, je pense que tu te doutes qu'en deux heures, on a fait le tour de Kinsale. Il faut donc rayonner autour de la ville. Et les restaurants et les pubs, ça va bien deux minutes, mais le cerveau, lui aussi demande à être sustenté.

Lecteur, aujourd'hui je t'emmène à Charles Fort.

Charles Fort, oui, à 2 kilomètres de Kinsale, d'où on a une fort jolie vue sur la marina. Mais là n'est pas la question !

Non, aujourd'hui on parle soldats et armées, canons et bataille.
Oui, oui, c'est bien bataille au singulier.


Situé au bord de l'eau, et construit entre 1670 et 1680, ce fort avait pour but de protéger Kinsale des attaquants. L'accès à Kinsale ne pouvait se faire depuis la mer, qu'en passant devant Charles Fort. Sa position devait donc en théorie, empêcher quiconque d'attaquer la ville, et le fort, depuis la mer. Ce fort était donc jugé tout bonnement inattaquable (eh oui, rien de moins !)

En théorie !

Malheureusement, le fort fut attaqué une seule fois depuis la terre en 1690, lors de la bataille de la Boyne, l'une des plus importantes de l'histoire irlandaise.

Je t'explique. Si tu n'aimes pas l'histoire je t'autorise
à t'arrêter ici.

La Glorieuse Révolution d'Angleterre, fut une révolution pacifique qui renversa le roi Jacques II (catholique et impopulaire) et provoqua l'avènement de la fille de celui-ci, Marie II et de son époux, Guillaume III, prince d'Orange (protestant).
En effet, voulant obtenir une alliance entre l'Angleterre et les Pays-Bas contre les politiques de Louis XIV, Guillaume d'Orange déclencha les hostilités en débarquant avec une petite armée hollandaise dans le sud-ouest de l'Angleterre. Pris de panique, le roi Jacques II s'exila en France, ce dont Guillaume d'Orange profita pour prendre le trône.

Les partisans de Jacques II qui refusèrent l'allégeance à Guillaume et Marie furent appelés les non-jureurs ou jacobites. Parmi eux, ils étaient nombreux à être irlandais, puisque catholiques.
La bataille de la Boyne (Irlande), en 1690, à laquelle Louis XIV envoya un corps expéditionnaire afin de soutenir les partisans de Jacques II, se termina par la victoire de Guillaume d'Orange. Cette défaite mit fin aux espoirs de Jacques II de reconquérir le trône. Les espoirs de la population irlandaise catholique de s'émanciper de la tutelle anglaise s'éteignirent.
La bataille de la Boyne est une victoire décisive à l'avantage des Irlandais protestants qui aujourd'hui encore, la célèbrent ! Ces marches "orangistes", qui passent par les quartiers catholiques de Belfast, sont considérées comme des provocations par les catholiques. Ces défilés alimentent les rivalités ancestrales qui sont la cause profonde des conflits permanents en Irlande du nord.



Bon. Revenons à notre fort. Qui fut attaqué par les troupes de Guillaume d'Orange. Evidemment après quelques jours, les soldats du fort durent se rendre.
L'armée britannique s'y installa et y resta en place jusqu'en 1922, ou il fut restitué à l'Etat libre d'Irlande qui venait d'être formé.
L'armée républicaine irlandaise s'est ensuite chargée de détruire et de mettre le feu au fort, ce qui ne fut pas un franc succès puisque le fort était tout simplement trop robuste.
Pourquoi ce besoin de détruire ? Parce qu'il représentait la main-mise des britanniques sur l'Irlande, qui n'avait plus lieu d'être vu que l'Irlande venait de gagner son indépendance. Tu suis ?


Le fort fut laissé à l'abandon pendant plusieurs années, puis Heritage Ireland le reprit en main et on peut maintenant le visiter. Si tu t'y rends lecteur (de mi-mars à octobre), ne loupe pas la visite guidée. Les guides irlandais ont toujours moultes histoires à raconter, et la visite est très intéressante.

Voilà qui clôt notre saga Kinsale. J'espère que tu as retenu des choses, lecteur, parce que demain, interro écrite ! Et tu as intérêt à nous faire un bon score !

vendredi 20 juin 2008

Où l'on sort de Kinsale...

Salut lecteur !


Je t'avais dit qu'aujourd'hui, on parlerait Fair Trade et Smoke House.

Note, lecteur, qu'il y a une chose fantastique en Irlande, c'est cette histoire de Fair Trade. Toute l'Irlande s'y met, et Dublin a récemment été proclamée ville Fair Trade. Pour une capitale, c'est assez fort, je trouve.

A Kinsale, ils ont toujours une longueur d'avance. Eux, ça fait depuis 2005 qu'ils sont Fair Trade. Et de même qu'à Dublin, c'est écrit partout dans la ville, tu ne peux pas le louper.
Fair Trade, késako, tu me dis ? Fair Trade, c'est le commerce équitable. Plus précisément, Wikipedia nous explique que
"la démarche de commerce équitable a pour but de modifier en profondeur les pratiques commerciales et de consommation en proposant un modèle de production et d’organisation alternatif préservant les droits des producteurs et travailleurs marginalisés".

Bref, sur les cartes de menu des restaurants, le Fair Trade est partout. Et une capitale gourmet qui n'a pas oublié de prendre en compte ce genre de principe, personnellement ça me réjouit. Si on veut faire les choses bien, autant réfléchir à l'impact que l'on a sur les produits que l'on achète.

Du point de vue de la réflexion poussée, Kinsale n'est donc une fois de plus pas la dernière. C'est même la première ! La première "
Transition town". En partenariat avec Totnes (Angleterre), Kinsale a fondé ce mouvement qui a pour but de réfléchir aux diverses solutions de remplacement de l'énergie pétrolière et au développement durable et peu pollueur d'une ville.
Ainsi, concrètement, ils ont mis ou veulent mettre en place les choses suivantes :
  • jardin communautaire où l'on plante légumes et fruits,
  • gestion des déchets industriels en fonction des besoins des entreprises: une entreprise peut avoir besoin des déchets d'une autre comme matière première,
  • politique de réparation d'objets cassés plutôt que de les jeter,
  • un compost communautaire.
A Kinsale, on se réunit tous les mois pour discuter de diverses alternatives. Si tu veux en savoir plus sur cette initiative que personnellement, je trouve passionnante, clique ici.


Ensuite, tu te rappelles qu'on allait s'amuser a chercher une Smoke House.
Tout a commencé, lorsque, en payant pour la nuit au B&B
Rocklands House (que je te recommande chaudement), je jetai un oeil aux dépliants et autres publicités et l'un d'entre eux en particulier m'attira (roulement de tambours).
Il indiquait: UMMERA, Oak smoked for quality.

Quelques lignes plus loin, j'avais compris qu'il existait, pas loin de Kinsale, un fumoir artisanal qui produit saumon fumé, poulet fumé, anguille fumée, jambon fumé.

Je soumets l'idée au copilote, après tout, autant rentrer sur Dublin avec un petit souvenir.

Une heure et demie plus tard, nous étions perdus dans la cambrousse irlandaise à chercher désespérément un signe, un panneau...quelque chose !
Trois coups de fil plus tard, nous arrivions enfin dans un endroit reclus, sauvage, le long d'une rivière. C'était beau tout simplement.
C'est en discutant avec le patron, qui était spécialement venu ouvrir pour nous un dimanche, que nous avons peu a peu réalisé que nous avions affaire à une production locale certes, mais qui avait gagné des prix internationaux ! Leur saumon, saumon sauvage de l'Atlantique, est capturé et est élevé dans une ferme qui est en mer ce qui rend leur chair plus ferme car ils nagent contre de forts courants, ce qui n'est pas le cas de leurs autres cousins
élevés en dehors des courants. Tous les procédés utilisés sont en accord avec l'Organic Trust. Si tu veux en savoir plus je te laisse lire cette page.

Satisfaits de notre visite, nous sommes repartis avec du saumon, du poulet et du jambon sous le bras.
Ce qui m'a plu c'est de pouvoir faire quelque chose qu'on fait souvent dans ma famille : rendre visite au producteurs locaux, écouter leur histoire, acheter leurs excellents produits. Pour cela je dis "merci papa, merci maman" et merci le copilote aussi, qui, s'il n'avait pas été totalement sur la même longueur d'onde aurait très bien pu me dire "qu'est ce que tu veux aller faire dans la cambrousse pour visiter un fumoir - on va perdre du temps sur le trajet du retour".

Bref, pour les amateurs de saumon, notez qu'on peut commander en ligne (à des prix abordables étant donné la qualité), c'est livré en une journée avec DHL partout dans le monde !
Leur saumon fumé est dit meilleur que le saumon Petrossian (qui est pourtant connu en la matière). Il est servi dans les plus grands restaurants partout dans le monde. Je n'ai pas encore osé ouvrir mon paquet tellement il est devenu précieux, mais je posterai une note quand je l'aurai dégusté.

Voilà une découverte qu'on ne risque pas d'oublier ! Je t'encourage, lecteur, si tu en as la possibilité près de chez toi, à aller rendre visite aux producteurs locaux, faire un brin de causette, et de manière générale - à être curieux de tout. C'est comme ça qu'on fait les plus belles découvertes.

jeudi 19 juin 2008

Kinsale for ever (ou presque)

Morning lecteur !

Tu as vu comme je rivalise d'ingéniosité pour trouver un titre. Hein ? Quoi, "ridicule - manque plus que le tatouage sur le bras droit" ? Pff, attends on n'est pas chez les beaufs ici, je te rappelle qu'on est à Kinsale, bourgade bon chic-bon genre quand même !
...
Sans transition une première photo. Kinsale, je te l'avais dit, est un port. Il y a donc, en "centre ville" une charmante petite marina.


Ensuite, le centre ville, je t'en ai déjà montré deux photos, a quelques petites places comme celles la :

Cute, non ?

Pour les gourmands et gourmets, sachez que Kinsale est appelée la capitale de la bonne chère de l'Irlande. Si tu veux admirer la vue du port, tu iras donc te rassasier au
  • Man Friday, Scilly, 10 minutes du centre ville, ou tu prendras en entrée le fabuleux gratin de crabe, et en plat principal le plateau de fruits de mer ou bien la lotte. Ou encore le caneton avec sa sauce nectarine/brandy !
  • The Spinnaker, Scilly, au bord de l'eau, ou tu prendras en entrée le foie gras poêlé, et en plat principal un plat à base de fruit de mers, crustacés ou de poisson (homard par exemple), qui fait sa réputation.
  • Max's Wine bar & restaurant, 48, Main Street, au cœur de la cité, ou tu tenteras la tarte au bleu de Cashel et aux pignons de pin, accompagnée d'une salade de poires chaudes.

Il y en a d'autres, tu les trouveras sur ce site, qui liste les restaurants qui font partie du Good Food Circle de Kinsale. Tu ne fronceras donc point le sourcil, si je te dis que tous les ans au mois d'octobre, Kinsale organise une grande fête de la bonne chère, où les restaurants rivalisent pour te faire goûter leurs meilleurs plats.
Et comme c'est la classe internationale ce festival, tu ne grogneras pas quand on t'annoncera qu'un billet pour une journée vaut entre
75 et 100 euros (bons pour repas inclus). Plus d'infos, ici.

Sur ce, je te laisse l'estomac frustré, et je te dis à demain où on parlera de Fair Trade, et de comment on s'est retrouvés à la recherche d'une Smoke House, perdue dans la cambrousse. On se sera énervés, mais au final on aura été bien contents.

mercredi 18 juin 2008

Ou on continue à parler de Kinsale

Salut lecteur !

Puisque tu me le demandes, on va montrer plus de photos, et cette semaine sera la semaine Kinsale.

Et comme je suis sympa, non seulement je te donne des choses à regarder, mais je te cultive, aussi. Si c'est pas la classe ça.

Kinsale est une charmante petite cité médiévale qui se situe le long de la côte sud, à une heure de Cork. Historiquement parlant, cette ville a eu un rôle important puisqu'une bataille importante de l'histoire irlandaise s'y est déroulée en 1601. J'en reparle plus tard cette semaine.

Kinsale était l'une des villes irlandaises ou l'on faisait le commerce du vin. Les bateaux arrivaient de tous pays, y compris la France, pour faire commerce. De ce fait, la cité est rapidement devenue aisée, et aujourd'hui encore, on pourrait se croire dans une des villes chic de bord de mer en France, le côté superficiel en moins.

Tu en conviendras, franchement, il n'y a qu'en Irlande qu'on ose un bleu pareil.


Et c'est ce qui fait le charme de Kinsale.

A demain pour la suite.

mardi 10 juin 2008

P't'être ben qu'oui...p't'être ben qu'non...

Salut lecteur !

Toujours aussi busy, mais il y a des occasions à ne pas manquer. D'autant plus qu'on va en parler dans les médias dans les prochains jours en France je pense, surtout si le résultat est négatif.

Aujourd'hui, sache-le, l'Irlande votera pour ou contre le traité de Lisbonne.
Et je peux te dire, si le taux d'abstention est élevé, j'aurai de quoi me poser des questions, parce que les panneaux Pour et Contre, ils sont PARTOUT en ville depuis plus de deux mois. C'est juste impossible de ne pas savoir que ça se déroule en ce moment.

Alors pourquoi c'est si important, ce vote pour ou contre le traité de Lisbonne ? Je voudrais bien te l'expliquer, mais il y en a qui font ça mieux que moi alors je leur laisse la parole :



Analyse disponible ici sur le site de Le Monde.
Irlande-Europe : problèmes de couple, par Marion Van Renterghem
LE MONDE | 10.06.08 | 13h47 • Mis à jour le 10.06.08 | 13h47

e 12 juin, l'Europe entière aura les yeux braqués sur une petite nation de 70 282 kilomètres carrés et 4,2 millions d'habitants : la République d'Irlande, seul des vingt-sept Etats membres de l'Union européenne (UE) à devoir ratifier le traité de Lisbonne par référendum, comme l'exige sa Constitution, et non par voie parlementaire. Le traité, dont l'objectif est le fonctionnement de l'UE à vingt-sept, exige d'être adopté à l'unanimité pour entrer en vigueur : à lui seul, théoriquement, un non irlandais pourrait suffire à le rendre caduc. Les bulletins seront dépouillés vendredi 13 juin, le lendemain du vote.

L'Irlande et l'Europe ont tout pour former un bon couple. L'Irlande est peut-être le plus beau succès de l'Union. Le "tigre celtique" doit en très grande partie à son entrée dans la Communauté (1973) d'être passé, en deux décennies, de la misère à l'opulence, ancien pays le plus pauvre d'Europe devenu le deuxième plus riche de l'Union européenne en produit intérieur brut (PIB) par habitant, après le Luxembourg. La croissance (4,7 % du PIB en 2007) est certes inférieure aux records de 7 à 11 % détenus par le pays entre 1993 et 2001, propres à une économie de rattrapage, mais elle reste plus de deux fois supérieure à la moyenne européenne. Le taux de chômage (5,5 %) est en hausse, mais encore enviable comparé à celui des voisins européens. L'Institut de recherche économique et sociale (ESRI) donne des prévisions optimistes pour les dix années à venir, malgré une période de creux entre 2007 et 2010.

Les Irlandais vivent les choses autrement. Leur quotidien n'est plus ce à quoi les avait habitués l'extraordinaire élan des quinze dernières années. Leur pouvoir d'achat pâtit de la chute de la croissance (prévue au plus à 1,6 % en 2008), de la crise de l'immobilier, du resserrement des conditions de crédit. La fin de l'euphorie du "rattrapage" est un motif d'inquiétude au moment où l'Irlande commence à jouer dans la cour des grands.

Encore "bénéficiaire net", la petite République devrait passer prochainement "contributeur net" : pour elle, l'Europe n'est plus seulement l'entité qui protège, mais celle à laquelle il faut contribuer, notamment en soutenant l'économie des nouveaux pays membres venus de l'Est. Or "on est dans des sociétés à logique égoïste, a dit au Monde l'eurodéputé vert allemand Daniel Cohn-Bendit. Les Irlandais qui disent non à l'Europe, c'est comme la Ligue lombarde qui rassemble 40 % des électeurs dans le nord de l'Italie pour ne pas payer pour le sud du pays".

En juin 2001, déjà, le couple Irlande-Europe battait de l'aile. L'adoption laborieuse du traité de Nice, destiné à tenir compte de l'élargissement de l'UE, avait failli échouer à cause d'un veto : celui de l'Irlande. Ce jour-là, sur l'île, tout semblait pourtant dans la poche, les sondages indiquant une écrasante victoire du oui. Le fort taux d'abstention (65,2 %) a pris de court les pronostiqueurs : 53,9 % des votants se sont prononcés contre le traité de Nice (43,1 % pour). Il a fallu l'habileté et la popularité du premier ministre d'alors, Bertie Ahern, pour profiter d'une échéance législative et faire accepter aux Irlandais de se reprononcer sur le même traité, après l'ajout d'un protocole leur garantissant leur neutralité diplomatico-militaire. En un tour de passe-passe, le traité de Nice a ainsi été soumis au vote une deuxième fois en 2002 et approuvé à 62,9 %.

Après presque dix ans de discussions institutionnelles et de subtils compromis, les Européens sont fatigués. Il semble impossible qu'ils renégocient le traité, peu vraisemblable qu'ils l'abandonnent pour revenir au cadre actuel du traité de Nice, et juridiquement intenable de concevoir une Union à vingt-six, sans l'Irlande, qui se trouve déjà dans la zone euro. Il n'est pas non plus envisageable que les 4,2 millions d'Irlandais puissent empêcher les 495 millions d'Européens d'avancer. En cas de non, pour éviter une réaction en chaîne et ne pas interrompre le processus de ratification du traité par les autres pays - seuls quinze Etats membres ont déjà ratifié -, une solution serait de faire revoter les Irlandais sur de nouvelles bases, en leur concédant d'autres "opting out" (dérogations) sur les sujets qui leur sont sensibles. Le précédent de Nice nourrit l'espoir qu'un non pourrait à chaque fois être gratifié d'une prime des têtus.

LE TAUX DE PARTICIPATION, ÉLÉMENT CRUCIAL

Mais que concéder cette fois ? A Bruxelles, personne ne voit bien ce que l'on pourrait offrir de plus à l'Irlande. Celle-ci a déjà obtenu des dérogations, maintenues dans le traité de Lisbonne, en matière d'affaires intérieures et de coopération judiciaire. Elle a obtenu les garanties, réitérées dans le traité de Lisbonne, de sa neutralité diplomatico-militaire, sujet ultrasensible dans cette République neuve, fraîchement débarrassée de l'impérialisme britannique et fière de son indépendance.

La perte de la neutralité reste pourtant un slogan fort des partisans du non, qui s'appuient sur l'objectif réel d'un renforcement de la politique européenne de défense. Dans l'imaginaire irlandais, il fait mouche. Trop libéral, pas assez libéral, trop libertaire, antidémocratique : le traité de Lisbonne est accusé de tous les maux, y compris ceux qui ne le concernent pas. Comment enrayer une telle dynamique ? Face à un slogan pour le non qui claque sur des peurs diffuses, une incitation au oui paraît défensive, explicative, nuancée, ennuyeuse.

Que vaut l'assurance que la spécificité fiscale, clé de la réussite irlandaise, est protégée par le droit de veto des Etats membres, face à cet avertissement autrement plus efficace : "L'Europe détruira les avantages fiscaux de l'Irlande !" Que vaut le projet d'une rotation des commissaires européens pour faciliter le fonctionnement de la Commission, face à cette menace : "L'Irlande perdra son commissaire permanent ! Le traité est antidémocratique ! Votez non !" Que vaut cette affiche du parti gouvernemental : "Bon pour l'Irlande, bon pour l'Europe ! Votez oui !", face à cette autre, quelques mètres plus loin : "Des Irlandais sont morts pour votre liberté, ne la bradez pas ! Votez non !"

Dans un sondage de l'Irish Times, vendredi 6 juin, le non passait en tête. Celui du Sunday Business Post, dimanche 8 juin, donne des estimations contraires. Le taux de participation sera l'élément crucial du scrutin. En dépend le sort du premier ministre irlandais, de la prochaine présidence française de l'Union européenne... et d'une Europe déjà bien cafardeuse.

Courriel : mvr@lemonde.fr.



Et dans le même genre : Et si l'Irlande disait non ?

En attendant, je ne commenterai pas l'article mais je te dirai que d'après ce que j'ai entendu à droite et à gauche, on est plutôt favorable au non.

Et il y a, plus que toute autre chose semble-t-il, une raison historique à cela.

Rappelle toi, dans les articles du mois dernier, j'évoquais vaguement le fait que la République d'Irlande est encore très jeune. En effet celle-ci n'existe que depuis 1921.

L'histoire de la république d'Irlande, c'est l'histoire de la longue bataille des irlandais contre le pouvoir britannique. C'est l'histoire de familles déchirées, de leaders déterminés et charismatiques, d'un peuple qui a souffert, c'est l'histoire d'une nation qui pendant des années, a œuvré pour gagner, enfin, son indépendance.
Je te la joue dramatique, que tu penses tout haut, lecteur ? Pourtant il y a beaucoup de ça, dans la réalité. Un jour, on en reparlera toi et moi. Mais bon, juste pour t'expliquer que tout ça, c'est encore bien frais dans les mémoires, je te l'assure.

Alors ce traité de Lisbonne, pour certains c'est un peu reprendre ce que leurs ancêtres avaient si difficilement acquis. Et ça, tu penses bien, c'est hors de question. Bruxelles aurait le pouvoir de décision ? Ah non !
Et ce slogan, qui rappelle aux malheureux qui l'auraient oublié que "tes ancêtres se sont battus pour la liberté d'expression et pour avoir des droits, ce n'est pas pour les donner à Bruxelles".
Et comme je les comprends de penser ainsi, maintenant que je connais mieux l'histoire du pays qui m'héberge.

Des affiches, il y en a des plus sérieuses (portrait d'homme ou femme politique au sourire carnassier) et des plus loufoques (affiche avec 3 singes et ce texte "
The New EU Won't See You, Won't Hear You, Won't Speak For You.") . Je ne vais pas te faire ici un florilège de photos. Seule une m'a vraiment interpellée.

En fait, elle m'a même vraiment dérangée.



Qu'on veuille inciter le peuple à voter oui, ou non, est une chose. Mais prendre comme exemple la France (et accessoirement les Pays-Bas), je dis non. Comme si le vote de la France était gage d'intelligence, de clairvoyance, de rébellion fondée sur des arguments réfléchis, ou pire : sur une connaissance parfaite du texte en question ! Et j'en passe.

Devant cette affiche, et devant des manifestants qui clamaient à n'en plus finir qu'il fallait se rappeler ce qu'avaient fait les français (sous-entendu, parce que nous, français, on n'acceptait pas qu'on se moque de nous, nous les français, on est des rebelles !), je me suis sentie mal, très mal.
Je n'avais qu'une envie, c'est d'aller leur dire de se taire, et surtout, de ne pas parler du vote de la France. Pas que j'aie honte. Mais je trouvais que c'était un mauvais argument d'une part, et que c'était donner trop de crédit à la France d'autre part. Quid des autres pays ?

Bref.
Aujourd'hui donc, c'est l'Irlande qui est à l'honneur. Et vu le nombre d'articles qui sont consacrés à l'évènement, j'ai hâte de connaître les résultats, les opinions, les expériences, les ressentis, ce soir, ou sans doute plutôt demain.

Bonne journée !

vendredi 6 juin 2008

Rock God ?!

Salut toi !

Eh non, cette semaine pas de "devinette du jeudi". Enfin, tout dépend. Ce que je vais te montrer va tellement te remuer les méninges, ça pourrait presque rentrer dans la case.

Il y a deux semaines déjà, je participâte au Fun Run 2008. Qui ne fut pas si fun, en fait. Parce que 8 kilomètres, en marchant, c'est comment dire...long.

Bon.
Et bien au kilomètre 6, qu'est ce qu'il ne m'est pas donné de voir ?

Ça, en bien visible, sur ce qu'il reste du Point actuellement en réaménagement.
Le Point qui est THE salle de concert de Dublin-centre-ville s'il te plaît.
Celle-là même ou j'ai été voir Mark Knopfler en concert, oui.


D'abord, en pleine course, le cheveu dans les yeux et ces derniers à moitié éblouis par le soleil, j'ai cru à une hallucination. J'ôtas le binocle solaire, mais malheureusement le paysage n'avait pas changé.

Ensuite, dans un de ces éclairs de génie qui me caractérise, j'ai pensé que c'était peut-être Martin Sheen interprétant son dernier rôle dans un des films pourris dont il a le secret, vu qu'il y avait présence de cheveux gris et une vague ressemblance, et sachant aussi qu'en Irlande, on n'est pas les derniers pour la franche rigolade. Mais j'ai eu un doute, quand même.

Alors après une heure d'effort, je rentre chez moi et je demande à l'ami Google : Google, mon beau Google, ne serait-ce pas le pape Benoît XVI qui est en 4 par 3 sur le Point ?

Et oui.
C'est vraiment Benoît XVI.

Ne me demande pas ce qu'il fait là, malheureux ! Je ne sais pas !

Qui, oui, QUI, a eu cette idée et financé cette énorme affiche ?

Ce n'est certainement pas le management du Point. Eux qui voient des doux-dingues, des hystériques entrer et sortir de leur salle de concert, et des choses certainement peu catholiques se faire, cela aurait été bien hypocrite de leur part.

QUI, alors ? L'église catholique irlandaise ? J'ai comme un doute.
Si l'église catholique avait pour habitude de faire du lobbying dans ce pays, j'ai envie de dire que ça se serait vu.

Donc la question du Qui n'est pas résolue. Si tu as un avis, vas-y.

Ensuite, on se demande Pourquoi, oui, POURQUOI une affiche de Benoît XVI devant une salle de concert.
Je n'ose même pas émettre l'idée que Benoît XVI envisage de "remplir le Point" pour prononcer son discours devant les irlandais. On n'est pas au stade de France ici ! Le Point ne peut accueillir que quelques centaines de personnes.
Surtout que la dernière fois que le pape a rendu visite à l'Irlande, c'était au Phoenix Park, histoire d'être sûr de pouvoir bien accueillir tout le monde. 712 hectares, quand même. Oui.

Après tant de tergiversations, on finit par se poser la seule question logique qui comprend tous les éléments du puzzle :
Noooon - Benoît XVI n'envisagerait tout de même pas de venir faire un concert de chants catholiques au Point, à Dublin, à 65 euros la place ?!

J'ai envie de dire - dans ce pays, tout est possible. Donc aucune option n'est à prendre à la légère.

Et toi, qu'est ce que tu en penses lecteur ! Dis moi que je ne suis pas la seule à m'interroger !

jeudi 29 mai 2008

La devinette du jeudi (3)

Hello lecteur !

Alors...prêt à faire turbiner le cerveau ?

Qui est-ce et en quoi est-il fait ?


vendredi 9 mai 2008

L'Irlande, c'est...(6)

Il y a une raison pour laquelle j'aime aller voir mon garagiste, qui officie à 45 minutes de Dublin. A part le fait qu'il soit efficace.
Il habite Portmarnock, qui possède une des plus longues plages de sable autour de Dublin.


View Larger Map


Et Portmarnock, ses paysages côté terre, c'est tout simplement la vraie Irlande, celle qu'on aime.


Photo prise depuis la Coast Road, entre terre et mer.
(désolée pour la piètre qualité de l'image, je ne maîtrise pas encore bien l'optimisation de fichiers photo pour blogs...David si tu as des conseils...!)

jeudi 8 mai 2008

La devinette du jeudi

Alors, lecteur, on bosse ?



Today du post rapide et sympa, en effet, on est bien busy ici.

Comment ça, je pourrais parler correctement le français ?



Saches le, au bout d'un moment l'expatrié ne sait plus vraiment s'il doit parler sa langue natale ou la langue du pays ou il habite. Plutôt que de devoir faire son choix, l'expatrié choisit le bilinguisme.

Mais pas celui auquel tu penses.

A défaut de parler l'esperanto, il se crée une langue à base de français et d'anglais. Ca donne le franglais. Makes sense?



Bon, j'avais dit du post rapide et sympa, on peut déjà rayer la mention rapide vu que la moitié du lectorat s'est endormi.



Allez hop, je te balance une devinette (oh oui, on aime s'amuser, chouette chouette chouette, tout le monde tape dans ses mains !)



Dans quel engin improbable me trouve-je ? (et non : la chemise
à carreaux, ce n'est pas moi !)





Edit : Bien vu Persil, effectivement c'est un vélo-taxi. Un moyen très sympa de parcourir Dublin, qui est écologique et gratuit, je te laisse lire par toi même :





En gros tu t'assieds à l'arrière pendant que le gentil monsieur devant pédale comme un dingue. Oui, il transporte le poids de 2 personnes quand même (il y a 2 places à l'arrière), sans compter le poids de l'engin.

Si tu passes par Dublin, je te recommande de tester ce moyen de transport plutôt original ou le rire est garanti vu la conduite spéciale que demande ce vélo. Les vélos, tu les trouveras souvent au bout de Grafton Street ou au milieu d'O'Connell Street. Pour plus d'infos c'est ici. Ca me rappelle qu'il faut que je te parle du Maritime festival qui approche à grand pas et qui est vraiment un évènement à ne pas manquer !



PS - Claire, je n'ai pas demand
é son nom au conducteur, tout ce que je peux te dire c'est qu'on le trouve à O'Connell Street ;-)

jeudi 1 mai 2008

L'Irlande, c'est...(5)

Salut lecteur !

Dis, tu te rappelles que je t'expliquais que je ne comprenais pas pourquoi ça allait faire ses courses du dimanche en pyjama ?


Bon.

Je t'ai laissé digérer l'information. Mais figure toi qu'il n'y avait pas que ça que je ne comprends pas.
Quelle que soit la manière dont je prends la chose, je n'arrive toujours pas à expliquer le pourquoi du comment. Surtout que c'est un passe-temps que je n'ai jamais observé dans les autres villes où j'ai habité.

Ce passe-temps, c'est l'abandon volontaire ou non d'habits.
Attention.

Quand je dis habits, ce serait trop simple que ce soit simplement un vieux K-Way ou un sweat shirt mal noué. Non, ce que tu trouveras souvent dans les rues de Dublin, ce sont la chaussette (c'est rare que tu trouves les deux), la chaussure, le caleçon, le soutien-gorge parfois.
Et plus particulièrement, en ce qui concerne les chaussures, ce sont celles qui sont attachées autour d'un câble électrique.
J'ai là un spécimen tout récent que je partage avec toi :


Bon.
Que le djeun's en mal de distractions s'amuse à lancer une paire de baskets jusqu'à ce qu'elle finisse par se prendre dans les fils électriques, je comprends. Mais que ça arrive si souvent me laisse perplexe.

Comme quoi, chaque pays ses amusements.
Quand aux autres habits laissés sur les trottoirs, j'imagine qu'il y en a qui ont des envies qu'ils ne peuvent pas réfreiner. Par contre, l'utilité de l'enlevage de chaussette (au singulier puisqu'il n'y en a toujours qu'une) dans ce cas là, j'avoue, je donne ma langue au chat.


L'Irlande, c'est donc aussi toutes ces petites choses qui, pour toi, n'ont juste aucun sens et qui au fil du temps, se transforment en mystère insoluble dont tu ne sais plus si tu as encore envie de connaître l'origine...Un mystère, parfois c'est pas plus mal qu'il le reste.

jeudi 24 avril 2008

La pyjama fashion irlandaise


Salut lecteur,

S'il y a une chose, je dois bien le dire, que je ne comprends toujours pas apr
ès tant de temps ici, c'est bien celle là.
Si tu sors le dimanche, vers 11/12 heures, faire quelques emplettes
à la supérette du coin, tu as toutes tes chances pour croiser une, deux, trois gamines ou adultes en PYJAMA dans le magasin. Je te promets lecteur, je ne me fourvoie point. C'est bien du pyjama. Rose, le pyjama, toujours rose. La couleur associée ad vitam à la fille de 1 à 99 ans dans ce pays. Et je te précise qu'il ne s'agit pas juste de la gamine qui vit au dessus de la supérette, non, ca vient des quartiers environnants en pyjama pour faire ses courses !

Il y a plusieurs variantes de la pyjama-attitude:
1. juste le bas de pyjama, comme sur la photo (en rose),
2. totalement en pyjama, avec des chaussures, souvent des bottes comme ici,
3. totalement en pyjama, et avec les chaussons en prime.

J'ai envie de dire :
à quand la variante pyjama/chaussons + ours en peluche ou coussin sur l'épaule ?

La premi
ère fois qu'il t'est donné de voir ce spectacle, tu en lacherais presque ton sac de courses. Tu te demandes même si tu n'es pas encore au fond de ton lit sous la couette, en train de rêver. Mais non. Ici en Irlande, le pays décomplexé de la fashion-attitude, c'est monnaie courante. Qui se fiche bien de savoir ce que tu portes ?
Certes, on n'en est pas au stade de la nana d'age adulte qui fait tout son shopping dans les rues principales de Dublin en pyjama. Mais bon, je te rappelle quand m
ême que j'habite au centre ville d'une capitale.

Imagine la sc
ène à Paris.

Alors ?

Incroyable hein ? Ben l'effet est le m
ême ici.

Alors lecteur, quand est ce que tu vas faire ton shopping en pyjama toi ? Histoire de se détendre un peu le dimanche matin. Le but, c'est que tu t'y sentes comme chez toi non ?

mardi 22 avril 2008

Les portes de Dublin

Salut lecteur !

Ne me dis rien, je le sens, à force de parler de légèretés toute la semaine dernière, ton cerveau a ramolli.
Et tu trouves fort démuni, en ce mardi.

Ne t'inquiète pas, j'ai prévu du culturel à te mettre dans le cortex !

Aujourd'hui on va parler des portes de Dublin. Quoi ? Si, c'est culturel, tu vas voir.

Alors soyons honnêtes toi et moi deux minutes,
Dublin est-elle une belle ville ?
Non, on ne peut pas franchement dire ça.


Ce qui est beau à Dublin, je vais te le dire, c'est caché. Oui, il faut chercher, ouvrir des portes, rentrer dans des maisons géorgiennes pour mesurer la grandeur et la beauté de cette architecture.
Parce que d'extérieur on ne se le cache pas, c'est triste à pleurer.
Pour faire simple, ça se résume
à de la brique rouge et des façades simplistes avec fenêtres blanches.

Sauf qu'il y a un détail, le seul détail qui change de bâtiment en bâtiment : c'est la porte, et surtout, sa couleur.



C'est bien connu, à Dublin on te le dira en rigolant, si les portes sont d'une couleur différente, c'est parce qu'il faut bien un moyen de repère à l'homme qui rentre saoul du pub. Quoi de plus logique quand on sait (et qu'on observe) que les irlandais sont champions toute catégorie de descente de bière.

Et bien je vais te dire : tout ca, c'est faux. Ce site [en] t'explique l'histoire de ces portes. Je vais te faire le condensé en français.
Lecteur tu n'es pas sans savoir que l'Irlande a appartenu à l'Angleterre pendant longtemps, trèèèès longtemps. L'Irlandais se chargera de te le rappeler en ouvrant une blessure encore fraîche (la République n'existe que depuis 1921, eh oui !), et il aura raison. Mais remontons dans le temps si tu le veux bien.

Avant 1715, Dublin n'était considérée comm
e ni plus ni moins qu'une ville provinciale de l'immense empire britannique.
En 1700, les lois pénales anti-catholiques furent abandonnées, et permirent à beaucoup de catholiques de classe mo
yenne de s'établir dans le commerce. A l'époque, Dublin était dirigée par les membres de la classe aristocratique protestante, descendants des envahisseurs anglais du temps des Normands, d'Elisabeth et de Cromwell. Ces anciens colons commencèrent à réclamer des réformes, de meilleures conditions de vie et des droits pour les catholiques, ainsi qu'une plus grande autonomie du parlement irlandais.
Bien que politiquement les résultats ne durèrent pas, économiquement Dublin devint la plus grande ville de l'empire britanniq
ue après Londres. La prospérité aidant, les protestants de Dublin commencèrent à faire construire leurs élégantes maisons géorgiennes en deçà des murs de la ville médiévale.



L'uniformité visuelle extérieure de cette micro-ville géorgienne telle qu'on la constate encore aujourd'hui n'était là que pour masquer les diverses richesses et décorations qui ornaient l'intérieur des bâtiments.
Beaucoup gardent encore aujourd'hui leurs mag
nifiques plafonds décorés en plâtre, les cheminées fleuries et les escaliers d'origine. Mais savais-tu qu'il fut un temps ou toutes les portes extérieures étaient de la même couleur ? On ne sait pas exactement quelle était cette couleur - sans doute un ton neutre.

Si tu as pris part à une visite guidée de Dublin, on t
'aura peut être dit que le célèbre auteur George Moore vivait à côté d'un autre auteur célèbre, Oliver John Gogarty, dans Ely Place. Tous les deux étaient un peu excentriques et on raconte que Moore peignit sa porte en vert de sorte que Gogarty, saoul, ne vienne pas y frapper, pensant que c'était la sienne. Gogarty aurait alors peint sa porte en rouge, de sorte que Moore, saoul, ne vienne pas frapper à sa porte ! Et c'est ce qui aurait lancé la mode. La vérité est beaucoup moins "colorée".

Selon les livres d'histoire, George Moore était généralement sobre, buvant seulement un peu de vin avec le dîner et était outré par l'étalage de l'ivresse dans la rue. Pour en revenir à notre histoire, la réalité est que la maison de George, tout comme celle de ses voisins étaient construites en fonction du modèle géorgien et les façades devaient adhérer à des directives architecturales strictes.
Afin de se dissocier les uns des autres, les anciens résidants de cette partie de Dublin finirent par
  • peindre leurs portes de la couleur de leur choix (le rouge étant soit disant plus "résistant au temps"),
  • par rajouter des heurtoirs ornementaux,
  • d'élégantes croisées en éventail au-dessus de la porte,
  • et l'ancêtre du paillasson, le boot scraper, en fer travaillé, près de l'entrée.
On trouvait aussi parfois, fixées sur les pavés, des plaques décoratives recouvrant les trous à charbon.

Aujourd'hui, la plupart des maisons ont toujours leurs crois
ées en éventail d'origine, certaines même encore avec les lanternes en verre où on plaçait la lampe.


Il existe aussi quelques exemples d'un dispositif de sécurité simple qui consistait en un ensemble d'éventails de pointes placées dans le mur près des fenêtres pour empêcher les cambrioleurs d'aller plus loin. Pas très convaincant, tu me diras.


À partir des années 50, le "Dublin géorgien" fit l'objet d'attaques concertées
du gouvernement irlandais à travers ses politiques de développement.
Des rues entières de maisons du
18ème siècle furent démolies, notamment près de Saint Stephen's Green, et de Fitzwilliam Street, pour faire place à des blocs de bureaux des services gouvernementaux.
Cet
élan fut encouragé par l'idéologie nationaliste dominante de l'époque, qui voulait se débarrasser de tous les rappels physiques du passé colonial de l'Irlande.
Par exemple, dans les années 60, plus de 20 maisons furent détruites pour que l'on puisse construire le siège social de l'Electricity Supply Board,
équivalent d'EDF. Cependant, grâce à un effort concerté des historiens, architectes et le conseil du tourisme irlandais, le carnage architectural se termina et on peut aujourd'hui admirer le style géorgien.

Pour savoir ce qui se cache exactement dans ces b
âtiments qui ne ressemblent pas à grand chose du dehors mais qui sont immenses et magnifiques à l'intérieur, je te conseille de visiter la très intéressante Number 29 (son histoire ici), maison géorgienne reconstituée, ou juste de sonner chez Brightwater à Merrion Square, agence de recrutement dont le hall d'entrée est tout simplement splendide. Tu ne devrais pas avoir trop de problèmes pour entrer, sois honnête et dis que tu rentres juste pour regarder deux minutes, on ne devrait pas t'embêter.

C'est une fort belle histoire que je te raconte l
à, dis. Tu as aimé ?

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